Découvrir sa contribution personnelle selon l’IFHIM

Lors de mes accompagnements, un élément revient souvent : la honte de ses talents ! C’est comme si c’était de l’orgueil de connaître sa valeur. A l’ifhim, j’ai appris l’inverse : être conscient de ses forces, c’est ce qui permet de contribuer dans la société ! Prendre conscience de sa contribution personnelle est donc une étape clé pour avancer dans cette direction !

En vivant au Québec, j’étais frappé d’entendre que ce terme « contribution » était utilisé dans tous les milieux. Les dons, compétences, talents de chacun.e étaient vues comme une « contribution », un don pour le collectif. Au-delà de ce qu’on sait faire, il s’agit de qui on est et de ce que cela apporte au groupe.

L’IFHIM (Institut de Formation en Humanisme Intégral de Montréal) propose une approche psychoéducative et intégrale de cette question. Elle part d’un principe : la contribution personnelle s’invente, au sein étymologique du mot : elle se trouve, elle se découvre, car elle est déjà là ! Le chemin est d’apprendre à la voir.

Ce que la contribution personnelle n’est pas

Quelques distinctions utiles avant d’aller plus loin.

La contribution personnelle n’est pas un titre de poste. Ce n’est pas non plus une liste de compétences. On peut être excellent en gestion sans que la gestion soit sa contribution. On peut être doué pour la parole sans que parler soit ce qu’on apporte de fondamental.

Ce n’est pas non plus un rôle qu’on se donne ou qu’on nous attribue — « le pilier de l’équipe », « celle qui résout tout ». Ces étiquettes décrivent un fonctionnement, pas une contribution.

La contribution, c’est ce mouvement singulier qui se produit quand une personne est pleinement elle-même dans ce qu’elle fait, et que cela transforme quelque chose chez l’autre ou dans le groupe.

L’approche intégrale : ne rien laisser dehors

L’IFHIM travaille dans une perspective intégrale. Cela signifie que la personne est prise en compte dans toutes ses dimensions : intellectuelle, émotionnelle, corporelle, relationnelle, spirituelle.

La contribution personnelle émerge de l’ensemble de ces dimensions. Pas seulement de la tête. Pas seulement du cœur. De tout ce qui constitue la personne — y compris son histoire, ses épreuves, ce qu’elle a traversé et transformé.

C’est un point important : les difficultés vécues ne sont pas des obstacles à la contribution. Elles en font partie. Ce que la personne a traversé et intégré devient une ressource pour les autres. Non pas en « racontant son histoire », mais parce que cette traversée a produit une qualité de présence, une capacité d’écoute, une justesse dans l’accompagnement que rien d’autre ne peut donner.

Trois clés pour identifier sa contribution

1. Repérer ce qui est vivant

Première piste : observer ce qui génère de l’énergie. Pas ce qu’on « devrait » faire, pas ce qu’on fait bien par habitude, mais ce qui rend vivant.

Questions utiles :

  • Dans quelles situations est-ce que je me sens pleinement engagé·e, sans effort particulier ?
  • Qu’est-ce que je fais quand je perds la notion du temps ?
  • Quelles activités me nourrissent au lieu de m’épuiser ?

Ce qui est vivant en soi est un indicateur fiable. L’IFHIM y accorde une attention particulière : la vie en nous n’est pas un accident. C’est un signal.

2. Observer les patterns

La contribution personnelle n’apparaît pas une seule fois. Elle revient, encore et encore, sous des formes différentes.

Un exercice concret : relire les grandes étapes de sa vie professionnelle et personnelle. Noter les moments où l’on s’est senti vraiment utile, vraiment à sa place. Puis chercher le fil rouge.

  • Est-ce que je rends les gens plus autonomes ?
  • Est-ce que je crée de la structure là où il y a du chaos ?
  • Est-ce que je relie des personnes entre elles ?
  • Est-ce que je clarifie ce qui est confus ?
  • Est-ce que je crée un espace où les gens osent parler ?

Le pattern qui revient, c’est la signature.

3. Intégrer l’héritage — tout l’héritage

L’approche intégrale refuse de séparer le « positif » du « négatif » dans le parcours d’une personne. Ce qui a été difficile, douloureux, traversé — quand c’est intégré — devient une force.

Il ne s’agit pas de tout exposer. Il s’agit de reconnaître que notre manière d’être présent à l’autre est aussi forgée par ce que nous avons vécu. Et que c’est précisément cette épaisseur qui donne du poids à notre contribution.

Le piège de la confusion talents / contribution

On confond souvent les deux. Pourtant :

  • Un talent, c’est ce que je sais faire « naturellement’.
  • La contribution, c’est ce que ma présence offre à l’autre ou au groupe.

On peut avoir le talent de l’organisation sans que sa contribution soit d’organiser. Sa contribution pourrait être, par exemple, de rassurer — et l’organisation n’en serait qu’un moyen.

Distinguer les deux permet de ne pas s’enfermer dans des fonctions qui utilisent nos talents mais passent à côté de notre contribution réelle.

Pourquoi c’est important — y compris pour le business

Connaître sa contribution personnelle a des effets très concrets :

En termes de positionnement : quand on sait ce qu’on apporte de singulier, on arrête de se comparer. On cesse de courir après ce que font les autres. On se positionne sur ce qui est juste pour soi.

En termes de clientèle : on attire naturellement les personnes qui ont besoin de ce qu’on apporte. Les autres vont ailleurs et c’est « ok ». L’énergie n’est plus dispersée.

En termes d’organisation : on sait ce qui est non-délégable (sa contribution) et ce qui peut être automatisé, délégué, supprimé. C’est un filtre puissant pour structurer son activité.

En termes d’énergie : travailler depuis sa contribution nourrit au lieu d’épuiser. Ce n’est pas une question de motivation. C’est une question d’alignement.

Un exercice pour commencer

Prendre 30 minutes. Un carnet. Répondre à trois questions :

  1. Quand je me sens vivant·e et utile, qu’est-ce que je suis en train de faire ? (Pas ce que je pense devoir faire. Ce que je ressens.)
  2. Quel fil rouge relie les moments importants de mon parcours ? Qu’est-ce qui revient, encore et encore ?
  3. Qu’est-ce que ma présence produit chez l’autre ? Pas ce que je fais pour l’autre. Ce qui se passe chez l’autre quand je suis là.

Relire ses réponses. Observer ce qui émerge. Ne pas chercher à conclure trop vite — laisser la réponse mûrir.

Pour aller plus loin

  • La Vie sans frontière, IFHIM, n° 6 Février 1994, la concertation stratégique, p7-15

Un chemin essentiel pour découvrir sa contribution est la relecture telle que proposée par l’IFHIM. Je t’invite aussi à aller voir mon article sur voir ses forces qui parlent des « indices de force » qui permettent d’affiner son regard sur ta contribution.

Si avec de l’expérience, on peut apprendre à voir ses forces soi-même, la découverte de sa contribution personnelle est un travail qui gagne à être accompagné au moins au départ. Un regard extérieur aide à voir ce qu’on ne voit plus soi-même — nos angles morts, mais aussi nos forces les plus évidentes, celles qu’on a tellement intégrées qu’on ne les remarque plus. C’est un des axes de travail en coaching et en supervision : aider la personne à clarifier sa contribution, puis à la placer au centre de son activité et de ses choix.

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