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Le 15 mai 2026, Léon XIV a publié Magnifica Humanitas — une lettre encyclique consacrée à la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle. C’est le premier texte magistériel de cette ampleur à s’attaquer frontalement à la révolution numérique en cours et notamment à l’IA. Qu’est-ce qu’il dit ? Sur quoi fonde-t-il sa reflexion ? Quelles sont les questions que cette encyclique pose ?
Un texte ancré dans 135 ans de doctrine sociale
Magnifica Humanitas ne surgit pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une tradition qui commence en 1891 avec Rerum novarum de Léon XIII — texte fondateur de la doctrine sociale de l’Église, qui répondait alors à la question ouvrière née de l’industrialisation. Cette année marque le 135e anniversaire de ce document, et Léon XIV revendique explicitement la filiation.
Depuis Rerum novarum, chaque époque a produit ses propres res novae — ses « questions nouvelles » — auxquelles l’Église a répondu : Quadragesimo anno en 1931 face à la crise économique, Gaudium et spes au Concile Vatican II, Laborem exercens sur le travail, Laudato si’ sur la crise environnementale. Magnifica Humanitas s’inscrit dans cette continuité : la transformation numérique est la question nouvelle de notre génération.
Les fondements restent constants : la dignité ontologique de chaque personne — une dignité qui ne se mérite pas, ne se mesure pas à la performance, et qu’aucun pouvoir humain ne peut légitimement nier. Le bien commun. La destination universelle des biens. La subsidiarité. La solidarité.
Ce que le texte dit sur l’IA
L’encyclique refuse deux postures symétriques : ni enthousiasme naïf, ni rejet stérile. La technique, rappelle Léon XIV, est « une réalité profondément humaine, liée à l’autonomie et à la liberté de l’homme ». Elle n’est pas neutre pour autant — « elle prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l’utilisent. »
Le texte identifie plusieurs risques concrets :
Le paradigme technocratique — une logique qui tend à réduire toute réalité, y compris la personne, à des données et des performances mesurables. L’encyclique y voit une forme moderne d’idolâtrie.
La concentration du pouvoir — aujourd’hui, les principaux moteurs du développement technologique sont des acteurs privés transnationaux dont les ressources dépassent celles de nombreux gouvernements. Ce déplacement du pouvoir pose des questions de gouvernance que les États peinent à résoudre.
Le transhumanisme et le posthumanisme — deux récits qui promettent de libérer l’humain de sa fragilité. Le pape y oppose une anthropologie chrétienne où la limite n’est pas une erreur à corriger mais une condition constitutive de la personne.
La structure du raisonnement s’appuie sur deux images bibliques : Babel — la technologie sans boussole ni référence à Dieu, qui uniformise et finit par désunir — et Jérusalem reconstruite par Néhémie, travail partagé, subsidiaire, où chaque famille prend en charge un tronçon de mur.
Les questions que ce texte pose à notre temps
Magnifica Humanitas ne prescrit pas de solutions techniques. Elle pose des questions de discernement. Voici celles qui me semblent les plus structurantes pour quiconque travaille avec l’IA aujourd’hui :
Qui détient le pouvoir, et à quelles fins ? Le texte cite François : ceux qui possèdent la connaissance technologique et les ressources pour la déployer ont « une emprise impressionnante sur l’ensemble de l’humanité. » La question de la gouvernance de l’IA n’est pas seulement technique — elle est politique et éthique.
Que fait-on de la dignité du travail ? L’encyclique reprend Laborem exercens : le travail n’est pas un coût de production, c’est un bien fondamental pour la personne. L’automatisation ne peut être évaluée uniquement en termes d’efficacité — elle doit l’être à partir de ce qu’elle fait aux personnes.
L’IA au service de quoi, exactement ? Le texte invite à ne pas laisser « la succession des urgences décider à notre place de la direction à prendre. » Autrement dit : l’adoption de l’IA sans cap ni questionnement préalable est précisément le syndrome de Babel que le pape cherche à nommer.
La vérité comme bien commun. Un chapitre entier est consacré à l’information, à la désinformation et à ce que le pape appelle « l’écologie de la communication. » À l’ère des contenus générés par IA, la question de ce qui est vrai — et de qui en est garant — devient centrale.
Pour conclure, l’encyclique Magnifica Humanitas est un texte long, dense, ancré dans une tradition théologique que tous les lecteurs ne partagent pas. Mais les questions qu’il pose — vers quoi allons-nous, qui décide, qu’est-ce qu’on protège — sont exactement celles que tout déploiement sérieux de l’IA devrait commencer par se poser. Comme souvent, ce n’est pas le moyen qui pose problème, c’est l’objectif de utilisation ! D’où l’importance essentielle de la réflexion sur l’usage de l’IA à tous les niveaux de la société et dans les divers milieux. Si je prends l’usage de l’éducation, l’éducation nationale vient de rendre 3h00 de formation obligation : 1h30 au collège, 1h30 au lycée… est-ce vraiment suffisant pour former les élèves en conscience à l’utilisation de ces outils ? Je pense que c’est totalement insuffisant… D’où la necessité de se former aussi comme adulte, de former les personnes dans les associations, dans les entreprises à ces usages !
Pour lire le texte en entier : https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html
Article rédigé avec l’aide de chatgpt, conformément à l’acte européen
