Se défaire des murs qui nous habitent…

La Grande Muraille de Chine – les murs extérieurs sont le reflet de nos murs intérieurs… https://pixabay.com/images/id-95571/

Avant d’être une barrière physique dressée entre des “ennemis”, les murs se dressent en nous-mêmes. Quels sont les principaux murs ? Comment fonctionnent-ils ? Comment s’en libérer ? Voici quelques questions abordées ici !

“Des frontières ? Je n’en ai vu aucune. Mais j’ai entendu dire qu’elles existent dans l’esprit de certaines personnes” disait Thor Heyerdahl, explorateur et homme de paix Norvégien. Cela résume bien le cœur de ce que je veux vous partager aujourd’hui. Quand nous parlons de “murs”, nous voyons d’abord des murs de pierre ou de béton, construit pour diviser un territoire entre des peuples ou au sein même d’un unique peuple : mur d’Hadrien et grande muraille de Chine dans l’Antiquité; mur de Berlin, mur de Bethléem et mur entre les Etats-Unis et le Mexique à l’époque contemporaine. Mais ces murs s’élèvent d’abord dans les personnes avant d’être construits pour se dresser comme des barrières entre les peuples. 

Comment les identifier ? Y-a-t-il des personnes avec qui il m’est difficile de parler, que je ne “supporte” pas ? Cela peut être même viscéral parfois… Et d’autres fois, je peux ne pas du tout en avoir conscience. Ce sont alors les autres qui se rendent compte que tel collègue ne parle qu’à ses collègues masculins, que telle femme ne parle qu’à des personnes de sa couleur de peau ou de sa culture… Marie-Marcelle Desmarais* – infatigable globe-trotter et artisane de paix québécoise – en a identifié douze : 

  1. l’autorité, la fonction, la classe sociale.
  2. l’ethnie, la famille, le village.
  3. la race.
  4. la nationalité
  5. la langue
  6. la couleur de la peau
  7. le comportement
  8. les idées (politiques…)
  9. la relation
  10. le sexe – je rajouterai orientation sexuelle aussi…
  11. l’âge
  12. l’inconnu.

Comment ça marche ? Si je prends le point 1, je peux avoir un blocage en lien avec les personnes ayant une autorité. Je ne vais plus alors voir Paul Dupont – mon n+1 – qui est une personne mais je vois sa fonction qui est d’être “mon boss” et donc d’être “l’autorité” vis à vis de mon travail et donc de moi… Cela peut venir du fait d’avoir eu un parent ou une institutrice autoritaire, par exemple. Du coup, toute autorité devient dangereuse alors je ne vois plus la personne, je vois le mur qui a pour nom “autorité”. Et donc soit je me fige ou me retire, soit je deviens agressive ou systématiquement critique. Cela peut être vrai pour n’importe quelle fonction ou classe sociale. Je me souviens des soeurs Haïtiennes qui avaient peur en voyant tous les policiers dans les rues de Montréal… car chez elles, cela pouvait vouloir dire être rackettées, alors qu’à Montréal, les policiers étaient plutôt aimables et là pour aider ! 

On identifie que c’est un mur quand il y a comme une indistinction générale, ce n’est pas la personne mais la caractéristique qui nous “dérange” que nous voyons. Elle est jeune. Il est noir. Elle est Française. Il est musulman. Il n’y a pas de finesse. Nous sommes dans la généralisation. On ne voit plus rien. Alors la question suivante est – bien sûr : comment se défaire d’un mur que l’on identifie? Et bien, en s’y confrontant. Cela veut dire quoi ? Si j’ai un mur avec “les riches”, je vais aller à la rencontre de personnes qui ont les moyens et décider de les observer pour voir leurs forces. Je vais tâcher de les rencontrer comme des personnes, pour ne plus “juste” voir le mur qui m’empêche de les voir comme personne. Le principe est simple. Quand nous avons un mur bien “ancré”, cela peut demander plusieurs rencontres pour défaire petit à petit ce mur. Les sœurs Haïtiennes ont fait ces “visitations” auprès des policiers Montréalais et les ont découvert humains et au service de la sécurité et de la population. Elles ont pu ainsi différencier leur propres expériences avec certains policiers et militaires de leur pays et les policiers dans la ville de Montréal. 

Et toi, en regardant cette liste, vois-tu quel mur te touche ? Est-ce un comportement particulier  ? comme le fait de fumer, de parler vite, ou d’être lent.. Est-ce l’origine sociale ? Est-ce le fait d’avoir une idéologie ou une croyance particulière? Le dernier mur est possiblement à la fois le plus courant et le plus caché : c’est le mur de l’inconnu. Est-ce que tu arrives facilement à t’adresser à un inconnu, à accueillir la différence, l’imprévisible? Quel mur vas-tu défaire ? Quelle personne vas-tu rencontrer pour défaire ce mur ? Belles rencontres à toi !

* Directrice de l’IFHIM (Institut de Formation Humaine Intégrale de Montréal) où j’ai été en formation. 

#murs #division #visitation #fraternité

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