Peur et relations en tant de pandémie…

La peur ne se « commande pas », la bienveillance est une décision. En ces temps où le repli sur soi peut l’emporter par peur. Comment construire des relations fondées sur la bienveillance ?

Alors que j’étais à une rencontre dimanche matin et je toussais, un couple qui se tenait devant moi – à une distance raisonnable – manifestait régulièrement son exaspération. Ils se retournaient régulièrement avec ce regard « qui tue » me signifiant « tacitement » que je ferais mieux ne pas être ici. Je comprends que l’on puisse avoir peur. Il se trouve que je n’ai pas le Covid mais une bonne sinusite qui descend en mal de gorge puis bronchite… Je « connais » ce chemin, car c’est une fragilité que j’ai puis l’enfance. Alors que ce rassemblement hebdomadaire me fait d’habitude du bien, là, je me suis sentie mal à l’aise et irritée. Qu’en est-il de ma bienveillance ici ? Je me suis arrêtée pour regarder ce qu’ils ont pu vivre. Je me suis dit qu’ils étaient agés et devaient avoir peur, qu’ils ont sans doute perdu des proches de leur génération du coronavirus. N’ai-je jamais ressentie ce type de peur ? C’est une peur instinctive qui se situe « dans le ventre » liée à la peur de la mort. Cela electrise et pousse à l’action ou à la fuite quand moi-même ou des proches peuvent être touchés…

Oui, il m’est déjà arrivé de sentir cette peur, lors du premier confinement, je vivais en colocation contre service avec une femme qui avait la maladie de Parkinson et je faisais les courses pour elle et la voisine d’en face qui est octogénaire et a une fragilité aux poumons. J’étais à Paris, donc en plein « cœur » de la pandémie. Une fois, je suis allée faire les courses, c’était avant que les masques soient obligatoires – car nous n’en avions pas. La femme qui faisait les courses juste avant moi, crachait littéralement sur le tapis des courses tellement elle toussait par quintes de toux saccadés… Et là, je n’avais pas de « bienveillance ». J’avais peur pour mes deux « protégées » qui étaient personnes fortement à risque… J’ai failli laisser mon panier de courses et partir… mais je ne sortais que tous les dix jours et nos réfrigirateurs étaient vides… Et vu le temps d’attente pour les faire, je n’ai pas eu le courage… Mais j’ai soigneusement tout lavé en arrivant, jetant les embalages immédiatement…

Bienveillance veut dire : « bien » « voir »… La peur nous fait voir le risque. Ne pas voir le risque peut être suicidaire. La prévention est nécessaire. Au Canada, j’ai vécu un exercice incendie avec des personnes de pays qui n’en vivent jamais : bousculade et chute étaient au rendez-vous. Les procédures et exercices sauvent des vie. Pourtant le « tout sécurité » de nos sociétés peut nous pousser à nous couper des autres pour tellement nous « protéger » que nous pouvons finir par ne plus avoir de relations. Et sommes-nous encore « vivants » alors ? Les relations sont ce qui nous relient les uns aux autres, c’est le sens même de ce mot. Bien sûr que la relations peut passer par le téléphone ou d’autres moyens que la présence physique, et pourtant nous savons que cette dernière ajoute une qualité que ne contiennent par les autres voies. Comment bâtir des relations constructives et bienveillantes dans ce contexte particulier qui est le nôtre ? Comment communiquer clairement pour rassurer aussi les personnes qui peuvent avoir peur et avoir de la bienveillance et de l’empathie pour eux ? Comment accueillir les points de vue et vécus différents dans le contexte singulier qui est le nôtre avec bienveillance et sans jugement ?

Cette pandémie nous a fait faire le « tri » dans nos relations, de voir les relations qui comptaient et que nous voulions nourrir. Des parents ont pu passer du temps avec leurs enfants. A l’inverse, des couples se sont séparés reconnaissant un malaise parfois ancien.  Elle nous a fait découvrir d’autres manières de rester en lien et de communiquer. Nous avons été créatifs et nous nous sommes formés pour cela. Cette pandémie nous a aussi permis de redécouvrir notre environnement proche, le fait d’être « coincé » dans un rayon de 1 km puis 10 km nous a rendu inventif pour créer du lien local. Combien de voisins avons-nous rencontrer et découvert à cette occasion  – avec lesquels nous n’échangions pas, tout simplement parce que nous ne nous voyions pas ? Comme souvent, la contrainte est source de nouveauté. Et toi, quel a été l’impact de la pandémie sur tes relations ? Qu’est-ce qui s’est amélioré ? Où en es-tu avec la peur et avec la bienveillance ?

#bienveillance  #relations #peur #pandémie

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