La représentation différenciée de soi et de l’autre

Qu’est-ce que la  « représentation différenciée de soi et de l’autre » chez Jeannine Guindon ? Qu’est-ce que la  « représentation différenciée de soi et de l’autre » chez Jeannine Guindon ? Qu’est-ce que cela peut t’apporter concrètement dans ta vie ?

Dans l’accompagnement, certaines difficultés relationnelles ne relèvent ni du manque de bonne volonté ni d’un défaut de communication. Elles sont souvent liées à la manière dont une personne se représente elle-même et représente les autres. C’est précisément ce que Jeannine Guindon a mis en lumière à travers la notion de représentation différenciée de soi et d’autrui.

A Montréal, lors de ma formation à l’ifhim, j’ai reçu ce concept clé qui fait un peu « gros mot » de représentation différenciée de soi et de l’autre. Jeannine Guindon décrit par là la façon dont une personne apprend à se percevoir elle‑même, son entourage proche, puis les autres en général, de manière de plus en plus nuancée et réaliste au fil de son développement. C’est un pilier de sa vision de la croissance de la personne et de l’autonomie affective et relationnelle.

Se représenter soi et l’autre : une construction progressive

Pour Jeannine Guindon, la capacité à se représenter soi-même comme un sujet distinct, et à reconnaître l’autre comme un sujet différent, autonome et séparé, ne va pas de soi. Elle se construit progressivement au cours du développement.
Lorsque cette différenciation est suffisamment établie, la personne peut se percevoir comme un « je » stable, avec ses pensées, ses émotions, ses besoins, tout en reconnaissant que l’autre possède les siens, parfois divergents.

À l’inverse, quand cette différenciation est fragile ou inachevée, les relations deviennent rapidement sources de confusion, de conflits ou de souffrance. L’autre est alors vécu comme une extension de soi, une menace, ou au contraire comme quelqu’un dont dépend entièrement l’équilibre intérieur.

Jeannine Guindon en tant que psychologue et psychoéducatrice québécoise visait à ce que chaque personne trouve son propre chemin vers un comportement libre et autonome.

Dans sa perspective, l’être humain grandit par étapes successives, en intégrant progressivement ses expériences de vie. Chaque étape permet de mieux se représenter soi‑même, les autres et le monde, et ainsi de faire des choix plus responsables et cohérents.

Représentation de soi : se voir de l’intérieur

Pour Jeannine Guindon, la représentation de soi est un processus dynamique : il ne s’agit pas d’une image figée, mais d’une construction qui se transforme à travers les expériences vécues. Se représenter soi‑même, c’est être capable d’évoquer son propre Moi, son corps, ses émotions, ses compétences, ses limites, la manière dont on se situe dans le monde.

Au fil du développement, la personne construit différentes facettes de son identité (corporelle, d’exécutant, individuelle, psychosexuelle, psychosociale) qui forment un système d’ensemble : quand l’une se transforme, les autres sont touchées. Plus cette représentation de soi est intégrée et différenciée, plus la personne peut s’engager de façon cohérente dans ses valeurs et ses choix de vie.

Représentation de l’entourage et des autres

Jeannine Guindon distingue la représentation de soi, de celle de l’entourage (les personnes significatives proches) et de celle des autres en général. La personne apprend d’abord à organiser son monde autour de quelques figures importantes, puis élargit progressivement sa vision aux personnes qui ne font pas partie de son cercle immédiat.

La représentation de l’entourage et des autres n’est pas un miroir neutre de la réalité : elle est faite de reconstructions, de significations, de valeurs, parfois de préjugés. Le développement psychoéducatif vise justement à rendre ces représentations plus nuancées, moins stéréotypées, plus ouvertes à la singularité de chacun.

L’entourage est aussi plus largement ce qui entoure la personne, ses milieux de références : sociaux, éducatifs, culturels, familiaux…

Qu’est‑ce qu’une représentation différenciée ?

Une représentation est dite « différenciée » quand la personne est capable de percevoir les nuances :

  • Entre ses différentes facettes (par exemple, distinguer ce que l’on ressent dans son corps, ce que l’on sait faire, ce que l’on veut profondément).
  • Entre soi et l’autre (reconnaître que l’autre existe comme sujet, avec ses propres besoins, limites, désirs, différents des siens).

Jeannine Guindon montre que plus une personne différencie les éléments de sa propre construction (identités, forces vitales, dimensions de soi), plus elle perçoit aussi finement les liens qui les unissent et l’impact de ces éléments dans ses relations. Cette différenciation est essentielle pour entrer en relation sans se perdre, ni écraser l’autre.

Confusion entre soi et l’autre

Une représentation peu différenciée se manifeste souvent par une difficulté à poser des limites. Les émotions de l’autre envahissent, les désaccords sont vécus comme des attaques personnelles, et la critique devient insupportable.Dans ce cas, la personne peine à distinguer ce qui lui appartient de ce qui appartient à l’autre. Elle peut se sentir responsable des émotions d’autrui, ou attendre que l’autre comble ses manques internes.Cette confusion peut aussi conduire à des relations fusionnelles ou, à l’inverse, à des ruptures brutales dès que la relation devient inconfortable. Le lien n’est plus un espace de rencontre, mais un lieu de survie psychique.

Une différenciation au service de relations ajustées

Lorsque la représentation de soi et de l’autre est différenciée, la relation change de nature. La personne peut exprimer un désaccord sans se sentir menacée, accueillir la différence sans se sentir rejetée, et reconnaître ses besoins sans nier ceux de l’autre. La différenciation permet d’entrer en relation sans se perdre, ni chercher à contrôler. Elle rend possible une vraie rencontre, où chacun existe pleinement, sans domination ni effacement.Pour Jeannine Guindon, cette capacité est au cœur de la maturité affective. Elle ne signifie pas l’absence de conflit, mais la possibilité de traverser le conflit sans que l’identité personnelle ou le lien ne soient mis en danger.

Enjeux pour l’accompagnement

Dans une démarche d’accompagnement, travailler la représentation différenciée de soi et des autres consiste à aider la personne à clarifier ce qui relève de son vécu propre : ses émotions, ses besoins, ses limites, ses responsabilités. Cela passe souvent par un travail d’identification, de mise en mots et de reconnaissance de l’expérience intérieure. Progressivement, la personne apprend à se percevoir comme un sujet à part entière, capable de relation sans dépendance excessive ni retrait défensif. Ce travail soutient la capacité à poser des limites justes, à prendre sa place, et à reconnaître l’autre sans s’y confondre. Il favorise des relations plus stables, plus respectueuses et plus vivantes.

Dans une perspective d’accompagnement (thérapie, psychoéducation, parentalité, pédagogie), ce concept est central :

  • Aider quelqu’un, c’est l’amener à une représentation de soi plus différenciée, donc à une identité plus intégrée et plus stable.
  • C’est aussi soutenir une représentation de l’entourage et des autres plus réaliste, moins fusionnelle ou hostile, afin de permettre des liens plus libres et responsables.

Jeannine Guindon applique ce cadre autant à la rééducation de jeunes en difficulté qu’à l’éducation des parents, pour qu’ils puissent demeurer eux‑mêmes tout en étant véritablement en relation avec l’enfant. L’objectif, pour elle, est une autonomie psychique où la personne peut choisir l’autre, le monde et elle‑même de façon consciente et engagée, plutôt que sous la contrainte de représentations floues ou confuses.

Et concrètement ?

Quand j’étais en formation à Montréal, nous étions des étudiants de 32 nationalités, plongés dans une culture qui n’était la nôtre : la culture québécoise. C’est une occasion de vivre concrètement cette plongée dans la représentation différenciée de soi et de l’autre, de s’ouvrir à la possibilité d’autres manières de voir, de pensée, de réagir selon sa propre histoire, sa culture, son milieu social. Cela n’est pas du tout spontanée. Et cela va de pair aussi avec l’accueil profond de sa propre identité qui est unique. Apprendre à avoir une représentation différenciée, cela veut dire finalement apprendre à se connaître comme personne dont l’identité bouge aussi au fil du temps et accueillir l’autre dans les différentes facettes de sa personne. Ce travail est un chemin d’ouverture vers soi et vers l’autre. En vivant avec des sœurs haïtiennes et africaines, j’ai été confronté à notre histoire coloniale française, j’ai beaucoup appris sur cette histoire jusqu’à aujourd’hui et cela m’a appris à mieux comprendre des réactions qui sinon ne l’étaient pas pour moi. Cette année, j’ai suivi énormément des formations sur la santé mentale, je pense avoir une meilleure représentation de ce qu’est de vivre avec une maladie psychique et comment accompagner l’autre quand il est touché ponctuellement ou à plus long terme par une de ces maladies.

En conclusion, Une clé de liberté intérieure

La représentation différenciée de soi et des autres, telle que pensée par Jeannine Guindon, est une clé essentielle pour comprendre de nombreuses difficultés relationnelles. Elle éclaire les enjeux de dépendance, de fusion, de conflit ou d’évitement, et ouvre un chemin vers une plus grande liberté intérieure. Se différencier ne signifie pas se couper. Cela signifie exister pleinement, en relation, sans se perdre ni perdre l’autre. Une fois ce chemin fait, je peux pleinement être moi et permettre à l’autre d’être autre sans être blessé.e !

Pour écrire cet article, j’ai utilisé Perplexity.ai qui a utilisé ces références pour le faire :

  1. http://www.santecom.qc.ca/bibliothequevirtuelle/santecom/35567000024056.pdf
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeannine_Guindon
  3. https://www.scielo.br/j/paideia/a/gXJdQHYdbvwY3W5dSv9zbfv/?lang=fr
  4. https://fr.scribd.com/document/889138907/Psychologie-Et-Psychoeducation
  5. https://www.marioasselin.com/2003/04/jeannine_guindo/
  6. https://s4cc59b32143d008b.jimcontent.com/download/version/1616408318/module/13819284688/name/PG7-Repr%C3%A9sentation%20de%20soi%20et%20image%20de%20soi.pdf
  7. https://books.openedition.org/editionsmsh/6529?lang=fr
  8. https://www.cs3r.org/7876-pour_une_%C3%A9ducation_humaine-copie
  9. https://www.baglis.tv/livres/985-vers-autonomie-psychique.html
  10. https://www.infomie.net/IMG/pdf/these.pdf

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